6e édition du salon du livre et du multimédia amazigh à Bouira



Culture : 6e ÉDITION DU SALON DU LIVRE ET DU MULTIMÉDIAAMAZIGHS À BOUIRA
«Aider tamazight à s’épanouir et s’ouvrir à l’universalité»


Le Salon du livre et du multimédia amazighs, qui s’est ouvert ce lundi dans la wilaya de Bouira dans sa sixième édition, a beaucoup gagné en maturité. Tant dans le programme tracé pour cette semaine culturelle que du côté organisation. Le tout en présence d’une vingtaine de maisons d’édition venues des quatre coins de pays et qui ont été abritées chacune sous un chapiteau, au niveau de l’esplanade de la maison de la culture Ali-Zamoum.
Durant trois jours, outre les expositions du livre amazigh et de beaucoup d’autres essais et romans écrits en français et en arabe, par des Algériens, des ventes-dédicaces sont organisées pendant ces journées, alors qu’en parallèle, des ateliers sont installés pour traiter de divers thèmes devant rendre leurs conclusions à la fin de cette manifestation avec des recommandations. Ainsi, concernant ces ateliers, le premier qui aura lieu à la salle OPOW a trait à la collecte du patrimoine et sera coordonné par Nora Aït Menguellet et Malika Daoud, et sera composé d’universitaires comme Mohand Ouamar Oussalem, Mustapha Ben Khemou, Madjid Bali et Mohamed Dahmani, du poète Ben Mohamed, du sociologue Mohand Saïd Siagh et enfin, de l’expert comptable, Farid Bouhini. Le deuxième atelier, qui a trait à l’écriture théâtrale, a lieu à la maison de la culture et sera coordonné par Mohand Aït Ighil, Aziz Hemmachi et Hacène Helouane et sera composé des comédiens et de l’encadrement du Théâtre régional de Béjaïa. Enfin, le troisième atelier a trait à la traduction et la transcription, et aura lieu à la maison de la culture. Il sera coordonné par Ramdane Abdenbi et Tahar Boukhenoufa, en association avec des représentants de l’association des enseignants de tamazight issus des wilayas de Bouira, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Oum El-Bouaghi, Illizi, Batna et Khenchla. Outre ces ateliers, des cafés littéraires avec Brahim Tazaghart, Smaïl Mhand, Akli Kaci, Nadjia Bouridj et Abdellah Nouh ; des tables rondes avec Inam Bioud, Habib Allah Mansouri, Mohand Akli Salhi, El-Madjid Sadeg, Nacéra Zellal et Samia Chouial, ainsi que des soirées artistiques avec Ali Amrane et Ben Mohamed, Hadjira Oubachir, Si Moh, Linda Koudache, ainsi que du théâtre avec Urgagh Mmuteghde Mohia, sont programmés tout au long des trois journées prévues initialement mais prolongées, à la demande du wali, jusqu’à vendredi prochain. Concernant ce salon placé sous le haut patronage de Mme la ministre de la Culture, le wali, Bouguerra Ali, qui a donné le coup d’envoi de cette manifestation en présence du SG du HCA, Youcef Merahi, a visité les stands regroupés au niveau de l’esplanade de la maison de la culture et a tenu à encourager la production littéraire et scientifique amazighe. Et pour joindre le geste à la parole, il s’est engagé auprès des éditeurs présents sur place à leur acheter 200 exemplaires pour chaque titre exposé et lié à la littérature amazighe. L’ensemble des livres achetés devront être distribués aux 27 bibliothèques qui viennent d’ouvrir leurs portes au niveau de la wilaya de Bouira. Notons que le SG du HCA qui a animé une conférence de presse, s’est longuement attardé sur l’évolution de ce salon et de la production en tamazight. Il dira à ce sujet que lors de la première édition tenue à Bouira en 2004, il y avait plus de manuscrits que de livres édités. Aujourd’hui, la production en tamazight a non seulement gagné en quantité, avec la floraison de livres de tous genres, mais aussi en qualité, avec ces romans qui sortent de l’ordinaire et du folklorique pour épouser l’universalité. Le premier responsable du HCA a appelé les universitaires et les chercheurs à innover et penser à la production de livres spécialisés, à diversifier leurs recherches, mais également à traduire les grands écrivains et autres savants du monde entier, et ce, afin de faire bénéficier la langue amazighe des expériences des autres langues et cultures, et la sortir du confinement dans laquelle elle se trouve. Concernant l’enseignement de tamazight à l’école, le SG du HCA n’a pas caché son amertume concernant le sort qui lui a été réservé par le ministère de l’Education nationale. «Tamazight est une matière orpheline dans le système éducatif algérien», dira-t-il en regrettant la rupture du dialogue d’une manière unilatérale par le MEN depuis 2006. Ce qui fait que toutes les lettres de recommandation et autres demandes formulées par le HCA sont restées sans réponse à nos jours. Pendant ce temps, tamazight se meurt et son champ d’enseignement se rétrécit comme une peau de chagrin, en se retrouvant enseignées aujourd’hui dans 9 wilayas, dont 95% des effectifs sont concentrés au niveau des trois wilayas de la Kabylie, alors qu’en 1995, au lendemain de l’introduction de tamazight à l’école, il y avait 16 wilayas.
Y. Y.

             Source: www.lesoirdalgerie.com/articles/.../print-16-100346.php



26/05/2010
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