- Poésie kabyle à l'UNESCO

Inscription de trois poètes kabyles anciens à l'Unesco, le Matin - 16 juillet 2004



Dossier remis à des responsables au sein de cette organisation Inscription de trois poètes kabyles anciens à l'Unesco.

C'est à l'issue de la première édition des journées de poésie d'expression amazigh, organisées la dernière semaine du mois de mars 2003 en hommage aux deux poètes Youcef Oukaci et Si Mouh ou M'hand, que l'idée de constituer un dossier et d'entamer les démarches en vue d'inscrire ces deux monuments de la culture orale kabyle, ainsi que leur homologue cheikh Mohand Oulhocine, au niveau de l'Unesco a germé parmi les initiateurs de cette manifestation culturelle, en l'occurrence Abdellah Arkoub, président de l'association Youcef Ou Kaci, El Hadi Ould Ali, président du MCB et de l'association Si Mouh ou M'hand, et Abdeslam Abdenour, chercheur et auteur de plusieurs ouvrages en tamazight. Belkacem Lounès, secrétaire général du Congrès mondial amazigh (CMA), était, quant à lui, chargé de prendre attache avec cette organisation des Nations unies en son siège à Paris. A cet effet, Abdeslam Abdenour a élaboré un texte d'accompagnement de la proposition d'inscription des trois poètes et penseurs d'expression kabyle sur la liste des personnalités culturelles et auteurs reconnus par l'Unesco au titre de patrimoine universel. « Si des civilisations de par le monde se sont exprimées dans les religions, la musique, les mythes, les sciences et la technologie, le commerce, la civilisation kabyle, elle, s'est exprimée dans et par le verbe », explique le traducteur de La Colline oubliée, en citant Mouloud Mammeri qui disait : « Les syllabes ne jouent pas pour jouer mais pour produire du sens ». La poésie kabyle est une réalisation populaire. « Le maître du verbe devient vite le maître du pouvoir ». Le poète chez nous devient un repère dans le groupe social. Il est le guide et « en lui se reconnaissent et souvent par lui sont incités ceux qui travaillent à réaliser l'avènement de toutes les libertés », déclarait encore l'auteur des Poèmes kabyles anciens. Abdenour Abdeslam étaye la proposition par des référants historiques : « Un des débuts d'explication qui motive et peut-être même explique la dimension universelle des thèmes traités par ces poètes tient particulièrement de la lointaine tradition des échanges et des mouvements humains qui ont marqué l'histoire des deux rives de la Méditerranée ». Et de s'appuyer sur une citation de Tahar Djaout : « L'Algérie n'a pas été tout au long de l'histoire un simple réceptacle où des cultures et des styles exogènes se succèdent ou se détruisent C'est une terre d'accueil, d'osmose et de transfiguration ». En effet, lit-on encore dans ce document, bien des auteurs berbères ont contribué dans différents domaines à renforcer cette heureuse contiguïté entre les peuples. L'apport est pluriel et se situe sur trois plans : littéraire, religieux et politique. Et c'est dans cette perspective justement que la proposition qui a été par ailleurs accompagnée et enrichie par une étude concernant chacune des trois personnalités, réalisée par l'éminent écrivain et anthropologue Mouloud Mammeri, a été formulée. Car, écrit Abdeslam Abdenour en conclusion de son texte, « nous sommes de ceux qui pensent et qui considèrent que l'universalisme est la sommation des valeurs et expériences multiples des peuples ». Enfin, nous avons appris que le dossier a été remis à l'Unesco par le secrétaire général du Congrès mondial amazigh (CMA) et a été reçu officiellement par M. Rieks Smeets et Mme Alexandra Bochi, respectivement directeur du patrimoine et responsable du patrimoine immatériel au sein de cette organisation.

Mustapha Naït Dahmane

//www.lematin-dz.net/quotidien/lire.php ?ida=21697&idc=109

 

 


17/02/2009
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